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Ligue 1 - Lyon - Prix démesurés, joies de la multipropriété : Textor et l'OL, un début d'été agité
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Publié 13/07/2024 à 00:19 GMT+2
Lyon a déjà dépensé plus de 115 millions d'euros sur le marché des transferts cet été. Bien plus que n'importe qui en Ligue 1, et le deuxième total derrière le Bayern Munich en Europe. Mais au-delà de la somme globale, il y a la manière qui interpelle. Des liens étroits avec Nottingham Forest à l'utilisation toujours plus intense de la multipropriété, tour d'horizon.
John Textor
Crédit: Getty Images
Toujours privée de diffuseurs et donc virtuellement amputée d'une grosse partie de ses revenus, la Ligue 1 tremble. Pour sa survie, dans le cas des clubs aux plus petits budgets. Pour son mercato, chez les écuries aux fondations les plus solides. Marseille a bien lancé quelques manœuvres en recrutant déjà pour 22,5 millions d'euros, juste devant les 20 millions d'euros dépensés par le PSG. Et puis, il y a l'ovni lyonnais.
Avec 115,79 millions d'euros dépensés jusqu'ici, pour des transferts secs (Niakhaté, Abner) et surtout des options d'achats levées (Nuamah, Mangala, Benrahma, Baldé, Caleta-Car) le club rhodanien a presque atteint le montant dépensé en deux mercatos en 2019-2020, exercice le plus dépensier de son histoire. Seul le Bayern (145 millions) a fait "mieux" pour l'instant dans toute l'Europe. Bien loin de l'encadrement de ses dépenses et de sa masse salariale imposée par la DNCG l'été dernier, il y a donc du mouvement à Lyon. Beaucoup de mouvement. Et de questions.
Un copinage avec Nottingham Forest ?
Près de la moitié des dépenses de l'OL depuis le début de l'été ont fini dans les caisses de Nottingham Forest. Il y a d'abord eu l'option d'achat levée pour Orel Mangala, arrivé dans le cadre d'un prêt payant de 11,7 millions d'euros l'hiver dernier. Lyon a finalisé ce deal en réglant 23,40 millions supplémentaires, contre... 17,5 annoncés dans le communiqué de l'hiver dernier. Un deal complet à 35,1 millions d'euros qui fait du milieu belge le joueur le plus cher de l'histoire de l'OL.
Et le deuxième dans la hiérarchie n'est autre que Moussa Niakhaté, autre recrue de cet été, autre joueur de ce même club anglais. Si son ancien sélectionneur en équipe de France Espoirs, Sylvain Ripoll, nous le décrit comme un "joueur complet, un défenseur moderne, qui va relativement vite, top concentré, toujours en train de faire vivre la ligne défensive", les 31,9 millions dépensés semble démesurés pour un défenseur central titulaire à peine plus d'un match sur deux en Premier League la saison dernière, et qui compte 11 sélections avec le Sénégal (qu'il a choisi de représenter après les Bleuets) à 28 ans.
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Moussa Niakhaté en septembre 2023 avec Nottingham Forest.
Crédit: Getty Images
Il semblerait donc que les affaires marchent bien entre John Textor, propriétaire américain des Gones, et son homologue Evangelos Marinakis, également sulfureux président de l'Olympiakos. Qui plus est à un moment où le club anglais en avait bien besoin : le 17e de la dernière Premier League avait perdu quatre points en mars dernier pour avoir dépassé de 34,5 millions de livres (quelque 40 millions d'euros) le plafond des pertes financières autorisées à l'issue de la saison 2022-2023. Et devait rentrer dans les clous du fair-play financier de la Premier League avant le 30 juin.
"Marinakis a beaucoup d'argent pour financer son équipe, mais il n'y est pas autorisé. S'il dépense trop et fait ce que veulent les fans, quelqu'un arrive et lui retire des points ? Ce n'est pas juste", réagissait d'ailleurs Textor en début d'année, dans les colonnes de The Times. Impossible, dans ce contexte, de ne pas lire ces transferts avec un œil circonspect. Tout comme les quelques rumeurs envoyant Jake O'Brien à Nottingham contre une somme qui semblerait, là aussi, exagérée.
Les joies de la multipropriété
La vraie particularité de cet OL version Textor tient évidemment dans la galaxie à laquelle il appartient, à savoir Eagle. L'homme d'affaires américain est également propriétaire de Molenbeek en Belgique, de Botafogo au Brésil, et est actionnaire de Crystal Palace en Premier League. Et il en profite un maximum.
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Ernest Nuamah au duel avec Facundo Medina lors de Lens - Lyon en Ligue 1
Crédit: Getty Images
Ernest Nuamah vient ainsi d'être recruté définitivement par l'OL contre 28,5 millions d'euros. Il avait initialement été acquis par... Molenbeek l'hiver dernier, dans le cadre d'un transfert record pour le club belge. Un mouvement qui avait valu une enquête de la FIFA, sans sanction à l'arrivée malgré les suspicions initiales de transfert-relais, pratique interdite.
Puisque Textor n'est pas inquiété, il continue : Thiago Almada, milieu offensif argentin de 23 ans, vient d'être acheté par Botafogo à Atlanta United (MLS) contre 19,6 millions d'euros. Il finira la saison au Brésil... avant de rejoindre l'OL cet hiver, assure L'Equipe. Botafogo, club dans lequel l'OL était aller cherche Jeffinho avant de l'y renvoyer en prêt alors qu'il n'avait pas convaincu. Dans lequel, aussi, Textor a souhaité envoyer Mama Baldé, dont il vient de lever l'option d'achat, explique Foot Mercato.
La nouvelle mode des seconds couteaux du Betis
Au milieu de tout cela, même les transferts les plus anodins deviennent "suspects", à l'image de l'arrivée d'Abner Vinicius à Lyon. Un latéral gauche dont l'OL avait besoin numériquement pour remplacer Henrique, mais qui n'a pas vraiment convaincu en Espagne, avec 15 titularisations en Liga la saison dernière. L'été dernier, Lyon avait de la même manière recruté Paul Akouokou, qui se contentait de miettes au Betis avant son arrivée, et qui n'a jamais affiché un niveau digne de la Ligue 1 depuis.
Six mois plus tard, Botafogo avait réglé 20 millions d'euros au club sévillan pour s'attacher les services de Luiz Enrique, qui dispose d'une clause dans son contrat... "pour qu'il puisse aller à Lyon s'il y a un intérêt de la part du joueur et du club",comme révélé par son agent dans la presse brésilienne. Voilà qui interpelle donc sur les relations entre la galaxie Eagle et le club andalous. Chaque mouvement ou presque a sa part de complexité, s'accompagne de quelques interrogations. C'est la nouvelle réalité de cet OL. Jusqu'à quel point ?
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